Négatif

Sans surprise. Le taux était < à 2 samedi puis à 2,6 lundi.
Jonathan Hart ! Hohoho ! Jennifer Hart ! Hohoho !

En une semaine (bis)

En une semaine, je me suis couchée chaque soir très tôt. Rien à la télé. Et puis les élections présidentielles ne me passionnent pas plus que ça… Toujours le même tandem (gauche – droite), toujours les mêmes gueules, toujours les mêmes petites “formules choc” pondues par des communicants payés grassement… Et puis, je commence à fatiguer. N’allez pas imaginer que ça y est… Bébé fait son nid d’où la fatigue. Non, c’est dû aux doses massives d’utrogestan.

En une semaine, j’ai compris, dès le lundi matin que c’était mort. Mon rêve entre dimanche et lundi était tout ce qui a de plus explicite : j’avais mes règles.

En une semaine, les petites lèvres sont restées roses pâles…

En une semaine, j’ai trouvé que mon utérus et mes ovaires pesaient de plus en plus lourd. Les règles vont être abondantes et douloureuses…

En une semaine, la bestiole préférait de plus en plus la largeur du canapé à mon ventre… Pourtant c’est pas faute de l’avoir soudoyée.

En une semaine, j’ai eu le temps d’appeler le secrétariat du Dr D pour prendre un RDV pour la suite. J’y verrais ce jour-là quelqu’une que vous connaissez très bien (mais je lui laisse la primeur de le dire sur son blog). [Ouah... Punaise ! Le teasing !]

En une semaine, j’ai fini par lâcher au téléphone à ma mère que j’étais en plein dedans mais que ça puait grave ! J’ai expliqué brièvement qu’on n’avait eu péniblement qu’un seul embryon. Elle n’a pas su quoi me dire alors elle m’a lancé un “Bon, faut que je te laisse, on doit aller voir Mamie…” En même temps, c’est vrai. Qu’est-ce qu’elle aurait pu dire ? Après, on en a reparlé un peu mais il a fallu que je lui explique que la PDS c’était pas un autre examen  mais pour voir “si ça avait pris” tout en développant le fait que “ça pouvait prendre et se casser la gueule très vite” donc qu’il faudrait rien dire aux autres si… Mais bon, il n’y aura pas besoin de prendre toutes ces précautions…

En une semaine, j’ai fini par dire un soir au Ninou qu’il valait mieux ne pas trop y croire et que c’est déjà bien qu’on ait été jusqu’au transfert. Ce à quoi, il a totalement abondé. Et puis, on a fait le poulet. Enfin, lui… Moi, j’ai grignoté des graines de courge salées devant Stargate SG1 et même qu’ils sont en train de repasser le tout début de la série (genre la saison 1, quoi…) mais c’est pas grave, je re-re-re-re-re-re-re-regarde encore.

En une semaine, le temps était aussi pourri que celui de la semaine précédente. Sauf que là, j’étais au taff et que pour aller manger ou embaucher ou débaucher, je me prenais des averses dans la gueule.

En une semaine, j’ai parié avec deux autres collègues (et commères) les heures d’arrivé et de départ d’une autre collègue. J’ai même inscrit les heures sur un tableau… Je suis vraiment qu’une conne de fonctionnaire et Sarko il raison de me cracher à la gueule le 1° mai en valorisant le vrai travail et les gens qui se lèvent tôt et tout ça… C’est sûr qu’avec ça, il va les gagner les élections. Il devrait payer encore plus ses communicants…

En une semaine, j’ai craqué sur une poche de bonbons haribot et une plaque de chocolat blanc vanillé. En rapport avec ce que je vous disais la dernière fois, ce n’est vraiment pas une bonne idée pour mon foie mais, là, je m’en tape !

En une semaine, j’ai parié encore sur Guénaëlle de l’équipe rouge (en favori) et sur Maud de l’équipe jaune (en joker).

En une semaine, j’ai enfin terminé mon livre (David Copperfield de Charles Dickens). J’ai donc attaqué Millenium de Stieg Larsson.

En une semaine, j’ai dis au Ninou que je voulais du changement. Du vrai. Je veux des nouveaux rideaux et de la nouvelle literie et arracher toute le papier peint pour repeindre en blanc, et avoir un nouveau meuble de salon pour la télévision. D’habitude, il aurait poussé des cris d’orfraie à l’évocation de tout ce changement et chambardement, mais là, comme il sent que je suis à bout niveau inertie dans ma vie, il a dit “Mais oui, ma chérie bien sur ! Tu auras tout ce que tu veux” et ceci sur un ton mi-mielleux mi-effrayé.

En une semaine, j’ai imprimé au boulot des tas de recettes de cuisine pour faire des repas é-qui-li-brés.

En une semaine, j’ai appris que le cousin et sa femme (ceux qui nous avaient critiqué) et à qui j’ai pas filé un rond pour leur mariage, vont partir cet été aux USA pour leur voyage de noces. Nous aussi, on avait choisi les USA… Et même que c’est mon cousin américain qui leur paye leur voyage et en première classe s’il vous plait ! Du coup, ma mère, elle est super dégoutée par rapport à moi et au Ninou (Pour rappel, on aurait dû y aller il y a 5 ans déjà…) parce que, en gros, le cousin fortuné, il est en train de nous désignés comme des ratés de la famille, selon elle. J’ai expliqué à ma mère, que je m’en tape de ce que cousin Machin fait car j’en étais pas à une injustice près… Et puis, c’est pas comme si je ne la savais pas que j’étais la looseuse de toute ma famille… Et pour moi, c’est plutôt une bonne nouvelle : je ne les croiserai pas l’été suivant (été 2013 donc !) durant MON voyage de noces. Et même que le Ninou et moi, on va largement préférer le voyage en voiture de location sur la mythique route 66… Chacun son trip ! Ninou et moi, on des justiciers milliardaires aventuriers infertiles ! D’ailleurs à la femme de cousin Machin, je lui souhaite une grossesse pour très vite, comme ça, elle aura des nausées et des vomissements pendant son voyage et son séjour (Oui, j’aime mon prochain et je leur souhaite que du bonheur…)

En une semaine, j’ai eu le plaisir de déjeuner avec la fille.

En une semaine, j’ai décidé (en accord avec le Ninou) de décaler d’un jour la PDS. Je préfère vivre la journée d’attente le samedi avec le Ninou plutôt que seule entre les quatre murs de mon bureau le vendredi… Bien entendu, je ferai un test de grossesse au lever avec le Ninou (et la bestiole) à côté. Oui, la bestiole aime participer ! Je referai une autre PDS le lundi 30. C’est marqué sur mon ordonnance. C’est pour voir que mon négatif est bien un négatif parce qu’on est pas à l’abri d’une nidation très tardive… Demandez à Lolie la PMEtte, elle vous racontera l’histoire d’une PMEtte à qui c’est arrivé… Une sorte de miracle, là aussi.

Donc, là, en fait, je suis en train de vous expliquer que je vais faire mon infertile bitch… Vous ne saurez rien avant lundi, sauf si le cadeau mensuel arrive en fanfare durant le week-end…

NB: J’ai déjà pondu le billet pour annoncer le résultat. Reste plus qu’à lancer sa publication via l’Iphone. Vive la technologie !

En une semaine…

En une semaine, j’ai pris consciencieusement mon aspegic 100 chaque matin et à chaque fois je me suis demandée si la poudre n’était pas restée collée au fond du verre.

En une semaine, j’ai pris tout aussi consciencieusement mon prédnisone et je me suis rappelée que c’était de la cortisone et qu’il faudrait peut être manger moins de sucre pour ne pas surcharger le foie (par exemple l’orgie de chocolat blanc c’est pas une bonne idée).

En une semaine, j’ai démoralisé tous les matins en scrutant ma petite poitrine malgré les 3 comprimés de provames quotidiens et surtout parce que j’ai comparée par rapport à la dernière fois où j’ai été couveuse (juin 2010) et où j’arborais de véritables obus…

En une semaine, j’ai appris qu’on pouvait se mettre chaque jour dans la foufoune 800mg d’utrogestan et j’ai même découvert que les protèges slip ne suffisent pas toujours.

En une semaine, j’ai repensé chaque jour à ma désormais nouvelle pathologie : l’endométriose à l’ovaire gauche. J’ai alors trouvé que ma vie était pleine de surprises sauf que je suis toujours dispensée des bonnes…

En une semaine, je me suis dit chaque jour que je suis devenue infertile moi aussi (ma fertilité étant la seule chose tangible à laquelle je m’accrochais) et, chaque jour, j’en ai conclu que “plus ça allait moins ça allait”

En une semaine, j’ai oublié tout un tas de choses dont mon rdv avec la psy… L’Alzheimer me guette en plus de l’endométriose avérée.

En une semaine, j’ai cherché pendant environ une heure le mercredi matin comment s’injecter une demi-ampoule d’ovitrelle. L’ampoule n’étant pas graduée. Une fois que j’ai fait ça à la louche, je me suis demandée pendant l’heure suivante à quoi ça pouvait bien servir et si le résultat ne serait pas faussée pour la PDS 10 jours après.

En une semaine, je n’ai pas écrit une seule lettre dans mon Bordel…

En une semaine, j’ai fait deux écarts de conduite : j’ai bu un bailey et j’ai mangé du saumon fumé.

En une semaine, le Ninou et moi n’avons évoqué le “toquard” qu’une seule fois devant la plaque électrique. Je lui avais glissé qu’il ne fallait pas contrarier une femme enceinte d’un embryon peut être déjà mort. On en a rigolé comme des cons.

En une semaine, j’ai planifié chaque jour la suite de la PDS : rdv avec Dr D pour la suite, radio des cervicales, rdv avec acupuncteur pour soigner mon endométriose, rdv avec médecin traitant, rdv avec kinésithérapeute pour mes cervicales, exploration de ma thyroïde (c’est peut être a cause d’elle que ça déconne), acheter stores bateaux, créer en ligne l’album photo de nos 5 années de mariage, partir voir ma mère (et me bourrer d’huitres et la gueule tant qu’on y est…).

En une semaine, je n’ai toujours pas dit à mes parents que j’avais commencé la FIV2 bis malgré leurs inévitables questions “Alors, t’en es où de tes examens?”

En une semaine, je me suis demandée chaque jour si Jonathan et Jennifer Hart de la série américaine “L’amour du risque” étaient infertiles ou si c’est parce qu’ils n’en voulaient pas (de gosse). J’ai même soumis la question aux blogopautes sur FB et sur twitter…

En une semaine, j’ai regardé à plusieurs reprises la couleur des petites lèvres pour voir si elles étaient devenues violettes (signe d’hypervascularisation donc de nidation donc de début de grossesse). Comme je distinguais mal je me suis dit chaque jour qu’il fallait changer les luminaires…

En une semaine, j’ai collé de force la chatte sur mon ventre pour voir si elle voulait y rester (dans l’idée que si elle y reste c’est que je suis enceinte… La bestiole de Cami a fait ça et c’était positif…) Elle y restée mais avec la mine contrite.

Alors, Jonathan et Jennifer Hart sont-ils passés par la PMA ?

En une semaine, j’ai parié que Gwenaëlle de l’équipe rouge serait virée lors du conseil. Perdu ! C’est l’équipe jaune qui s’est retrouvée devant Denis Brogniard.

Ça existait dans les années 80, les FIV ? Jennifer Hart a dû en baver des ronds de chapeau…

En une semaine, j’ai expliqué chaque soir au Ninou que c’est pas parce que je ne voulais pas mais bien parce que mon tuyau est encrassé de 800mg d’utrogestan.

En une semaine, j’ai beaucoup pesté contre le temps exécrable et je me suis avalée une quantité de replay : Stargate Universe, documentaires et même les Stargate SG1 que j’ai déjà vu une bonne centaine de fois.
D’ailleurs Samantha Carter, elle n’a jamais eu d’enfant…

En une semaine, j’ai vu maman hirondelle et j’ai eu le bonheur de tenir dans mes bras son oisillon, j’ai vu Sienna qui était victime comme moi d’Alzheimer et j’ai pu apprécier les qualités culinaires de son cher et tendre qui mitonnait un gâteau poire chocolat et même que j’ai raclé le chocolat fondu dans la casserole (pas encore une bonne idée pour le foie) et puis, Dimanche, j’ai failli voir la fille mais elle a eu toutes les peines du monde à trouver son bureau de vote et ensuite elle s’est tapée une queue d’enfer. Elle vous expliquera ;-)

En une semaine, j’ai demandé au Ninou de m’excuser auprès de son frère et la belle sœur (qui est sûrement enceinte a l’heure ou je vous parle) de ne pas pouvoir aider à leur déménagement. Je suis censée ne pas porter des choses lourdes…

En une semaine, je me suis aussi demandée si “les gens bien pensants” ont conseillé aux Harts d’adopter puisqu’ils ne pouvaient pas avoir d’enfants. Surtout qu’ils sont milliardaires et que s’ils ne le faisaient pas c’est que c’étaient des gros égoïstes (toujours selon ces personnes bien pensantes)…

En une semaine, j’ai eu le temps de me faire encore plus à l’idée que je n’aurai jamais d’enfant.
Et le dimanche matin, en faisant la queue pour aller voter, on s’est encore chargé de me rappeler que de ne pas avoir d’enfant c’est vraiment la loose. Tous les couples avec jeune enfant étaient dispensés de faire la queue. J’avais 20 personnes devant moi. Avec les gosses et les ballonnées je me suis retrouvée avec 25 personnes devant…

En une semaine, j’ai réalisé qu’en 5 ans (soit une mandature présidentielle et la durée de mon mariage), peu de choses avaient changé dans ma vie. Du coup je ne veux pas que le Sarko et la Carla soient à l’Elysée pour 5 ans de plus. Comme si leur présence me prolongerait dans une nouvelle spirale d’inertie d’une durée de 5 ans. Je sais c’est con…

En une semaine, je me suis promis que cette année serait la dernière année où on reporterait notre voyage de noces…

En une semaine, je me suis surprise à regarder avec tendresse les épisode de l’Amour du risque et à me dire que finalement, Ninou et moi, on seraient beaux, quarantenaires, justiciers et milliardaires et super heureux… Après, j’ai réalisé qu’on ne serait certainement pas milliardaires (ni justiciers d’ailleurs) mais qu’on pourrait peut-être être quand même heureux. Comme Jonathan et Jennifer Hart…

Putain, par contre, j’arborerai pas son brushing à Jennifer Hart…

Alea jacta est

Comme pour la dernière fois (pas de bras pas de chocolat) en février, on nous a pris a part dans une salle de transfert et le biologiste commence à nous faire un compte rendu.

Je m’attendais a ce qu’il nous dise “désolé, pas d’embryon” comme la dernière fois et que le Ninou et moi on reparte la queue entre les jambes (sans oublier de laisser un chèque de 200€ pour l’IMSI) mais il nous demande notre carte d’identité. On le lui fournit. Là, il nous sort ce que je sais déjà : 7 ovocytes, 4 de mauvaise qualité (et non immatures comme on le pensait), 2 micro-injectés et un embryon… Toujours vivant, l’embryon.

Passés le choc de la surprise, je me reprends et je lance tout de go : “si il est de mauvaise qualité, on n’en veut pas”.
Panique chez le biologiste. Il ne sait pas si l’embryon est un toquard ou pas et me dis que c’est la Gygy-qui-fait-les-transferts qui nous renseignera.

La Gygy-qui-fait-les-transferts rentre dans la pièce et s’étonne (oui, vous avez bien lu) qu’on ne veuille pas de l’embryon.

Je lui rétorque qu’on n’en veut si c’est un toquard et vu que nous avons déjà expérimenté une FIV sans transfert, que cette FIV là a donné 7 ovocytes dont 4 foireux, ben que je me passerais bien du toquard…

Elle m’assure que le toquard en question est normal : 5 cellules un peu irrégulières, aucune fragmentation et qu’elle, elle l’aurait transféré sans se poser aucune question… Mais si je veux, on peux encore attendre pour un blasto…

Avec le Ninou, on se regarde et on se dit “Ok, banco, on n’y va !” Il est temps que cette FIV2 finisse. J’en ai marre de faire du sur place. Je me fous du résultat. Bref, dans 12 jours, on aura un négatif et hop ! On verra Dr D qui nous proposera (je l’espère) une autre recette pour que mes ovaires de vieille fassent quelque chose de mieux…

Voilà, on est allés jusqu’au bout. On mise. On s’en fout. On en a marre. On en a la claque de la PMA. Moi, j’ai envie de fumer, de picoler, de me droguer, de bouffer MacDo (c’est fait juste après le transfert). Pendant les 20 minutes où j’étais allongée, je me suis tapée les vidéos sur Youtube des sketchs de l’émission On Ne Demande Qu’à En rire…

Ninou et moi, On Ne Demande Qu’à Avoir Notre Chance Comme Tout Le Monde !!!

Edit : Merci pour vos mots de réconfort. Je n’ai pas eu la force de répondre à vos commentaires (j’avais trop envie de me jeter sous une voiture, ou me laisser mourir sur le canapé…)

Et merde !

Je ne peux pas trouver mieux comme titre. Sur les sept ils ont pu en microinjecter juste deux. Ce matin, il n’en restait qu’un…
J’en ai juste marre là !